Daphné Lammens

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AllemaalDigitaal 2023 : les 3 choses à retenir

S’il y a une chose que les comptables attendent avec impatience, c’est bien AllemaalDigitaal. Le 28 février, vous vous êtes rendus en masse au Ghelamco à Gand, où se tenait l’événement comptable le plus populaire de Belgique.

Beaucoup d’intervenants intéressants se sont succédé sur scène. Les organisateurs Sven Cornelis et Glenn Vandamme de Finplex ont demandé des applaudissements pour :

  • Lisa Miles-Heal, PDG de Silverfin
  • Hans Leybaert, PDG de UnifiedPost
  • Petteri Rantamäki, Conseil d’administration Visma
  • Paul Ramakers, PDG d’Exact
  • Jean de Crane, PDG d’Isabel Group

Ils nous ont fait part de leurs brillantes idées et de leurs opinions éclairées. Voici déjà un aperçu de ce que nous avons retenu.

 

1. L’e-facturation et l’e-reporting à l’ordre du jour  

C’est le sujet de nombreuses discussions : la nouvelle législation européenne ViDA et un cadre belge qui fait actuellement défaut. Tout le monde s’attend-il à ce que les fournisseurs de logiciels jouent un rôle de premier plan dans cette histoire ?

Jean de Crane, PDG d’Isabel Group : « Les réglementations européenne et belge signifient que les fournisseurs de logiciels comptables devront accorder une plus grande priorité au suivi de la facturation électronique. Mais quand pouvons-nous nous attendre à ce que ce soit le cas en Belgique ? C’est probablement l’histoire de la poule et de l’œuf, les parties prenantes se regardant les unes les autres. Chez d’Isabel Group, notre priorité est claire : rendre les processus aussi simples que possible pour le comptable. »

 

Vers le modèle français ?

Hans Leybaert, PDG de Unified Post : « La Belgique semble se calquer sur le modèle français, qui est strict en matière de facturation électronique. Presque toutes les étapes du processus de facturation passent par le gouvernement. Pour chaque réaction (le refus d’une facture, par exemple), vous disposez d’un maximum de 48 heures. Vous l’aurez compris : cela nécessite un suivi sérieux de la part de toutes les parties. Quoi qu’il en soit, attendons d’abord la réforme fiscale. Notre pays entend lier ces questions. »

« Au fait, savez-vous quel est le pays européen où l’écart de TVA est le plus important ? » Le public vote massivement pour les Pays-Bas et l’Allemagne, et c’est cette dernière qui l’emporte. « Mais balayons plutôt devant notre porte », dit Hans, « car la Belgique est loin d’être un exemple en la matière. Espérons que les lois sur la déclaration et la facturation électroniques permettront de combler ce fossé. »

Hans Leybaert« La Belgique semble se calquer sur le modèle français, qui est strict en matière de facturation électronique. Presque toutes les étapes du processus de facturation passent par le gouvernement. » (Hans Leybaert, PDG de Unified Post)

 

2. La tendance à la consolidation se heurte à de nouveaux vents contraires

« La tendance à la consolidation a entraîné une réaction inverse. » C’est avec cette déclaration percutante que Petteri Rantamäki, membre du conseil d’administration de Visma, a pris le micro. « Nous constatons cette vague de consolidation dans le monde entier. Chez Visma, quelques grands acteurs détiennent jusqu’à 50 % du marché. Mais en parallèle, depuis 2022, on assiste à une augmentation du nombre de petits bureaux de moins de 10 employés. »

« Et ces entreprises ont certainement leurs points forts. Je pense qu’elles mettent davantage l’accent sur les relations avec les clients. Je pense que beaucoup de ces nouveaux bureaux sont lancés par des comptables qui ont travaillé dans de grands cabinets et veulent faire les choses différemment. Souvent, ils passent tout de suite au numérique et peuvent alors mieux se concentrer sur les relations clients. »

Petteri Rantamäki « Depuis 2022, on assiste à une augmentation du nombre de petits bureaux de moins de 10 employés. » (Petteri Rantamäki, Visma)

 

3. La Belgique par rapport au reste du monde : perspectives internationales

Le néerlandais Paul Ramakers, PDG d’Exact, s’installe sur le tabouret. « Le manque de personnel se fait également sentir aux Pays-Bas. C’est pourquoi je crois en la puissance de bons outils numériques pour les bureaux comptables. La stratégie d’Exact consiste à opter pour cet écosystème au lieu de tout développer nous-mêmes. Bien sûr, nous faisons preuve d’esprit critique à cet égard. Les connexions que nous offrons doivent être de qualité et apporter une valeur ajoutée à nos clients.

 

Bokrijk ?

L’organisateur Glenn de Finplex l’interrompt brièvement. « Avez-vous aussi, aux Pays-Bas, des bureaux comme ceux de Bokrijk ? »

Paul fronce les sourcils, mais le public (belge) acquiesce immédiatement. Glenn fait référence aux deux vitesses numériques : certains bureaux refusent pratiquement la transition numérique, alors que d’autres accueillent cette évolution à bras ouverts.

Paul reprend : « Oui, nous avons aussi ces deux vitesses. Je n’ai pas l’impression que les Pays-Bas sont plus avancés que la Belgique. D’ailleurs, vous excellez en matière d’intimité client. Nous pourrions suivre votre exemple. Ouvrir les lignes de connaissance et apprendre l’un de l’autre serait bénéfique pour nos deux pays, je pense. »

 

Paul Ramakers « Je n’ai pas l’impression que les Pays-Bas sont plus avancés que la Belgique. D’ailleurs, vous excellez en matière d’intimité client. Nous pourrions suivre votre exemple. » (Paul Ramakers, PDG d’ Exact)

 

L’atout inconscient du Belge

Lisa Miles-Heal, PDG de Silverfin, commence par complimenter notre style belge. « Vous ne réalisez pas toujours à quel point la coopération et l’administration font partie de votre ADN », affirme-t-elle.

« C’est loin d’être le cas partout dans le monde. Bien sûr, il y a un certain niveau de complexité. Gardez donc ce réflexe spontané de collaboration, mais ralentissez ce manège administratif. »

« La transformation numérique est très rapide, c’est le cas partout. Pour que les gens restent motivés, il faut communiquer sur les raisons du changement et l’objectif final. Vous savez ce qui aide ? La visualisation de l’objectif. Récemment, lors d’une réunion, j’ai demandé aux participants de mettre les mains sur les yeux. Ils ont d’abord manifesté une certaine gêne, puis ils ont coopéré. Je leur ai demandé d’imaginer le résultat que nous voulions obtenir avec le projet. Si vous visualisez quelque chose, vous pouvez mieux y travailler. On ne pense pas tout de suite à des points de mesure et à des étapes. »

(D’accord, Lisa : à noter pour notre prochaine réunion.)

 

Lisa Miles-Heal « Vous ne réalisez pas toujours à quel point la coopération et l’administration font partie de votre ADN » (Lisa Miles-Heal, PDG de Silverfin)

 

4. Derniers points

Le nombre idéal de dossiers par comptable ?

Petteri, Glenn et Sven concluent : entre 20 et 40 si (et c’est important) vous voulez miser sur ce rôle de conseil et sur une relation étroite avec le client. Le nombre de dossiers par comptable peut-il être plus élevé ? C’est tout à fait possible, mais il faut alors passer à un autre type de bureau axé sur la comptabilité pure.

 

Request to Pay. Simple ?

Jean de Crane présente un autre nouvel élément pertinent : Request to Pay. « Je pense que les comptables sont surtout frustrés par les différentes façons dont les entreprises peuvent payer une facture, et surtout par les plateformes en ligne. »

« Request to Pay est un service qui vise à faciliter les paiements en temps réel et à établir une nouvelle norme en la matière. Les paiements B2B peuvent être effectués directement à partir des données d’une facture. Cette idée est en plein essor, mais je m’attends encore à des changements sur le marché des paiements. En outre, nous devons nous assurer que les objectifs de toutes les parties prenantes sont alignés. Ce n’est pas une tâche facile, car ils sont très différents. »

 

Jean de Crane Allemaal Digitaal 2023 « Je m’attends encore à des changements sur le marché des paiements. En outre, nous devons nous assurer que les objectifs de toutes les parties prenantes sont alignés. Ce n’est pas une tâche facile, car ils sont très différents. » (Jean de Crane, PDG d’Isabel Group)

 

Et le mot du jour est …Écosystème.

Presque tous les orateurs invités se sont accordés sur ce point : la création d’écosystèmes en tant qu’éditeur de logiciels de comptabilité est la voie à suivre.

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