Alex Dossche

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Votre stratégie monétaire est-elle prête pour 2021 ?

Qu’est-ce que 2021 apportera aux marchés des devises ? Une question à laquelle un grand nombre d’entrepreneurs et d’investisseurs sont impatients de connaître la réponse. Nous l’avons posée à Guillaume Dejean, analyste senior chez Western Union Business Solutions, l’un des partenaires qui, depuis l’année dernière, assure le service de change dans Isabel 6.

Beaucoup dépendra bien sûr de l’évolution de la pandémie COVID-19 en 2021. Il semble presque certain qu’elle fera encore partie de notre vie quotidienne. Heureusement, ce qui est également certain, c’est que la vaccination sera un catalyseur important pour de meilleures perspectives.

La rapidité et l’efficacité avec lesquelles cette vaccination est mise en œuvre seront également la clé ultime de la reprise économique. Malheureusement, le virus ne disparaîtra pas de lui-même. Et tant que nous ne distribuerons pas les vaccins disponibles à une proportion suffisamment importante de la population (70 %), cette reprise économique risque également d’être à la traîne, voire d’échouer complètement.

 

La reprise économique

La bonne nouvelle, en revanche, c’est que le tissu économique mondial a été largement préservé. Nous pouvons donc rapidement lui insuffler une nouvelle vie. Pour ce faire, tous les yeux se tournent d’abord vers le consommateur. En effet, dans de nombreux pays avancés, l’épargne des ménages a atteint des niveaux record l’année dernière. On espère donc que cette demande refoulée accélérera la croissance par la consommation durant la dernière partie de cette année.

En prévision de ce regain de croissance, les marchés financiers ont réagi positivement aux nouvelles concernant les vaccins au cours des derniers mois. Mais la situation économique reste précaire. L’émergence de plusieurs variants du coronavirus pourrait compromettre considérablement le scénario de reprise attendu, surtout si ces variants s’avèrent plus contagieux ou plus résistants aux vaccins existants.

 

Une demande de devises en mutation

Le FMI prévoit également une augmentation de la croissance économique au cours du second semestre de cette année. Mais il tient compte d’un redressement incomplet et inégal. Ce qui est particulièrement intéressant du point de vue des devises. En 2021, les devises seront non seulement sensibles au sentiment du marché quant aux perspectives mondiales, mais aussi aux différences de rythme de la reprise entre les pays ou les régions. 

L’espoir que l’économie d’un pays ou d’une région se redresse rapidement pourra entraîner des changements dans la demande de devises cette année. Et le fait qu’un déploiement réussi de vaccins puisse avoir un impact majeur sur les attentes en matière de reprise ne devrait pas surprendre. Le succès de la campagne de vaccination britannique explique en partie pourquoi la livre se comporte déjà mieux aujourd’hui, par rapport à l’euro mais surtout par rapport au dollar américain. Celui-ci se redresse à son tour face aux autres devises, également grâce à une campagne de vaccination remarquablement fluide. À l’inverse, le retard accumulé par l’Europe et le Japon dans la vaccination au cours des derniers mois ne favorise manifestement pas leurs monnaies.

 

L’euro face au dollar et à la livre

Alors que le FMI a revu à la hausse les prévisions de croissance mondiale pour 2021, il a réduit les perspectives économiques pour l’Europe et le Royaume-Uni, et a ensuite relevé les prévisions de reprise pour les États-Unis. L’économie chinoise devrait également poursuivre sa plus forte reprise en 2021.

Néanmoins, le consensus du marché indique que l’euro continuera à surperformer le dollar américain en 2021, grâce à une forte reprise économique dans la zone euro, à une hausse des marchés boursiers et à un faible sentiment du marché à l’égard d’un double déficit aux États-Unis. Un changement de ce sentiment du marché, une augmentation des risques du marché et de nouveaux désaccords politiques en Europe pourraient inverser le scénario actuel. En outre, le taux de croissance aux États-Unis est traditionnellement plus élevé, ce qui signifie qu’une fois la croissance amorcée dans ce pays, la demande de dollars américains augmentera rapidement.

Les inquiétudes concernant Brexit ont continué à peser sur la livre sterling jusqu’à la fin de l’année dernière, lorsque l’UE et le Royaume-Uni sont finalement parvenus à un accord. À un niveau historiquement bas par rapport à l’euro, la livre a entamé une remontée qui l’a portée mi-février à un plus haut depuis huit mois. Le fait que le Royaume-Uni ait toujours été en tête de la vaccination a évidemment aidé. Mais la capacité de la livre à continuer de rattraper l’euro dépendra également de la reprise économique du Royaume-Uni. Et cela, comme toujours avec ce genre de prévisions, est très incertain.

En fait, il s’agit in fine d’une question de stratégie monétaire. A soumettre aussi régulièrement à un test de résistance. Ce n’est qu’ainsi que vous pourrez gérer la volatilité des taux de change dans une certaine mesure et limiter vos risques de change.

Pour consulter l’analyse complète et détaillée des taux de change de Guillaume Dejean, cliquez ici.

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